chateau d'alba

expos

19ème exposition de printemps

du 7 avril au 27 mai 2018
vernissage samedi 7 avril à 17h

du mercredi au dimanche et jours fériés de 14h à 18h

Terre d'ombre et lumière

Danielle Humbey-Barrière

Danielle Humbey-Barrière est née en 1947 à Lons-le-saunier. Elle s'est formée aux écoles des beaux-arts de Paris, Rouen et à l'Académie de la Grande Chaumière ainsi qu'à l'école des arts décoratifs de Strasbourg. Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries en France, en Belgique, en Allemagne et au Luxembourg. Elle est artiste permanente à la Galerie Nicolet, à Coustelet dans le Luberon.

Danièle Humbey-Barrière
Sans titre

L'œuvre de Danielle Humbey-Barrière se situe à la limite du figuratif et du non figuratif. Je ne parle pas sciemment d'art abstrait car l'abstraction, dans son essence, n'est pas de l'ordre de l'art mais de la pensée. Or, les compositions de cette artiste ne sont qu'illusions furtives aux objets, aux personnages, et aux lieux, comme dans ces rêves qui triturent les souvenirs, les font s'évanouir et surgir, dans les apparences de ses gris, de ses noirs, comme des effets de flash.

Victor Beyer
Ancien conservateur en chef des musées de Strasbourg

Danielle Humbey-Barrière
sans titre

Dans la création artistique, de nombreux dangers menacent l'artiste : l'oubli du réel ou au contraire l'obsession du réel. Si l'équilibre entre réel et imaginaire est atteint, le tableau devient autonome, libre, c'est à dire qu'il n'est plus seulement constitué d'un corps anatomique (châssis, toile, couleurs) mais il voit, il nous regarde. Lorsque je commence un travail, je ne sais pas où je vais, j'avance par tâtonnements, dans l'obscurité totale, à la rencontre de choses innommables qui apparaissent, se juxtaposent et se construisent en sculptant la profondeur du tableau. Dans les années 1990, j'ai commençé à m'intéresser à la couleur noire, attirée par sa grande intensité dramatique et sa richesse chromatique. Elle m'évoquait l'obscurité, le silence et le mouvement, ainsi que la mémoire puisqu'elle ravivait en moi des souvenirs d'enfance très précis. Le noir, dans mes œuvres, évoque le silence, à tout instant, les choses peuvent se mettre en mouvement, intimité et angoisse se rejoignent dans certaines œuvres hantées par la figure humaine.
Dans la couleur noire s'opèrent toutes les transformations possibles, le temps sécrète et métamorphose des signes qui apparaissent et disparaissent à l'infini. La lumière est omniprésente dans mes tableaux, je ramène à la lumière des fragments de choses qui risquent d'être ensevelis pour toujours, je parle de la fragilité de la vie.

Danielle Humbey-Barrière

Danielle Humbey-Barrière
sans titre

Danielle Humbey Barrière www.danielle-humbeybarriere.fr

donner à voir

du 24 juin au 16 septembre 2018
vernissage samedi 24 juin à 18h

concert

l'alchimie du swing

modernité, éclectisme et créativité dans le jazz

Place Miollis

du mardi au dimanche de 10h30 à 18h30

Françoise Vergier

dessins et sculptures

Françoise Vergier vit et travaille à Grignan et Paris. Elle a exposé́ entre autres, à Beaubourg et au Carré d'art de Nîmes. C'est une artiste de la Galerie Claudine Papillon à Paris. Elle est présente dans de nombreuses collections publiques et privées.

si la ville la campagne
si la ville la campagne l'animal, lavis, graphite, gouache sur papier, 70x55x5cm, 2009-2010

Françoise Vergier est liée à la terre. Terre des origines, terre crayeuse, blanche, des collines striées de lavande, terre sombre des labours. Terre légère, gorgée de soleil et de vent, ou profonde, menaçante, chargée des pluies d'automne. Terre-mère, terre matricielle, terre nourricière. Le couple terre-fécondité constitue le noyau dur de l'œuvre de l'artiste. Le rond, le cercle, inscrit sur la plupart de ses créations, évoque les cycles de la nature, la présence de la lune ou du soleil. Le passage de la vie à la mort et de la mort à la vie. Anéantissement et renaissance.
Cette symbiose féminité-nature irrigue tous ses travaux, irradie le moindre de ses dessins, objets ou sculptures nés de son imaginaire, et cela sous les formes les plus variées, dans les déclinaisons les plus inattendues (fusain, céramique, émail, pastel, perles, verre, néon...) Ventres de femme, seins blancs sur lesquels ondulent tendres vallons et bosquets noirs. Tels de délicats tatouages, les ramures des oliviers et les rayures grises des sillons serpentent sur les visages, les bustes, les girons ou autres fragments de corps dissociés.

la cible
La cible, fusain, pastel sur papier marouflé, 161x104x5cm, 2012

Comme perçus à vol d'oiseau, ces paysages marquent d'une empreinte définitive la peau féminine. Françoise - dont le patronyme porte arbres et fruits -, issue d'une longue lignée travaillant la terre, s'identifie dans son art à la nature.
Ses yeux, à la couleur indéfinie et changeante, mélange de vert, de gris et de brun, reflètent selon la lumière les feuillages, l'eau des rivières, l'écorce des chênes ou les nuées avant l'orage.
Elle est paysage.
Paysage natal, paysage mental. Paysage souriant, poétique et diaphane à la manière des dessins japonais à l'encre de Chine, paysage rude, brutal, marqué par l'angoisse. La destruction.
Car l'histoire et la politique, la violence du monde, ne sont jamais loin chez Françoise Vergier. Violence de la guerre, violences faites aux femmes.

La déesse de la lune verte
La déesse de la lune verte, terre cuite émaillée, perles, 68x47x44cm, 2017

On ne peut qu'être saisi par la puissance évocatrice des trois Vénus de la place Tahrir, exposées ensemble pour la première fois. Corps cambrés, comme tordus par la sauvagerie masculine. Des capsules de bière incrustées dans leur chair. Chair meurtrie à coups de bottes.
Cette cambrure, ces bras jetés en arrière, créent une tension si étrange que la souffrance semble proche de l'abandon. Sur l'une des Vénus, un paysage aux douces tonalités grises, presque oriental, glisse sous le sein et remonte sur le ventre, apportant de façon troublante tendresse et sérénité à cette scène de guerre civile. Sur la Vénus au bandeau rouge, la force de ce rouge -lisse et brillant-, sa puissance vitale, semble arrêter la chute, la suspendre. La coulée rouge maintient la sculpture au socle, soude le corps au sol.
Le regardeur qui découvre ces trois Vénus, comme surgies de la statuaire antique, ne peut qu'être sidéré, et sans doute perturbé, par l'alliance d'une certaine douceur et d'une brutalité avouée. Alliance dérangeante : la douleur de ces Vénus à la tête rejetée, au torse arqué, suspendu, n'est- elle pas proche de l'extase ?

La pérégrination des âmes
La pérégrination des âmes, portique en bois peint, 6 têtes en terre cuite dont 1 émaillée, lanières d'étoffes, 200x125x125cm

La plupart des dessins et sculptures composant l'œuvre de Françoise Vergier sont faits de ces contraires. De leur choc, de l'ambiguïté qui en résulte. On y décèle fragilité et force, fécondité et mort, souffrance, joie, évidence et mystère. La légèreté des perles et des feuillages voisine le tragique de l'histoire. Chez cette artiste l'Antiquité et la Renaissance se mêlent au monde contemporain, le corps des déesses grecques côtoie les têtes hiératiques à la Piero della Francesca et les coiffes protubérantes des portraits de Pisanello. La Vénus au soutien-gorge bleu a le ventre piétiné par un policier égyptien du XXIe siècle.

Les nourritures terrestres
Les nourritures terrestres, fusain, pastel sur arche, 130x120x7cm

L'œuvre de Françoise Vergier est ainsi à la fois intemporelle et inscrite dans le monde actuel. Cette coexistence des contraires se lit dans le choix des medium. La créatrice utilise des matériaux hétérogènes, l'argile, le fusain, le pastel, dans leur matité, s'opposent à la brillance de l'émail, de la porcelaine ou du verre, sorte d'écho à l'éclat de l'œil. Les couleurs sont souvent discrètes, voire sourdes, chez La Vergier, comme on l'appellerait en Italie.
Mais aujourd'hui, dans les nouvelles créations exposées à Saint-Restitut, la plasticienne nous offre des couleurs vives, couleurs qui ne sont plus utilisées seules, par touches ou coulures (le bleu du soutien-gorge, des plumes ou des perles, le rouge barrant les cuisses de la Vénus...) comme dans nombre de ses œuvres précédentes.
La couleur surgit, s'étale, envahit l'espace, joyeuse, éclatante, vert vif, rose tyrien, orange, pourpre. La sève monte, le printemps explose dans sa magie.
L'artiste a dessiné les branches noires et torturées des chênes l'hiver à sa fenêtre. A ces branches squelettiques et mortifères elle a, comme elle le dit elle-même, imposé un printemps précoce. Elle a imposé la couleur à la destruction, rejeté les ombres de la mort. Tracé cercle ou ovale, symbole de fécondité. Fait renaître la vie sous ses pastels et ses fusains. Françoise Vergier agit, ici, politiquement, en tentant de lutter contre un monde toujours plus noir.
Une œuvre majeure, en céramique, la Déesse du printemps, splendide tête enturbannée à l'arête du nez tranchée d'outre-mer et d'où jaillissent enchevêtrées mille tiges d'argent, symbolise cette renaissance. Renaissance de la nature dans son cycle éternel, bourgeons imaginaires et oiseaux bleus virevoltants autour du visage de la déesse. Renaissance de l'artiste qui a su puiser en elle, à travers les paysages immuables qui l'entourent et varient au gré des saisons, la force et le génie d'un renouvellement créatif.

Danièle Rousselier, 2016

Françoise Vergier www.francoise-vergier.com

18ème exposition d'automne

du 19 septembre au 1er novembre 2018
vernissage samedi 22 septembre 2018 à 17h

La métaphysique des formes, Emilie Losch

du mercredi au dimanche et jours fériés de 14h à 18h

Les oeuvres d'Emilie Losch interrogent la notion de construction. Comment le monde autour de nous fonctionne-t-il ? D'où viennent les formes qui peuplent nos vies et nos paysages ? Qu'est-ce-qu'une forme construite dans ses trois dimensions, mais aussi, qu'est-ce-qu'une forme construite par l'imagination ? Comment le rêve surgit-il dans la réalité et inversement ?

Expansion, 2013
Expansion, dessin, stylo encre sur papier 80g contrecollé, 55x73cm, 2013 /// Production LIVING ROOM 2013

De l'architecture aux organismes vivants en passant par les mathématiques et les faits scientifiques, l'artiste puise son inspiration dans ces domaines a priori éloignés pour créer un univers sensible, méditatif, qui hybride les échelles et mélange les esthétiques.

Après un premier cursus aux Beaux Arts de Montpellier où elle développe un travail de peinture et de photographie, Emilie Losch rejoint les Arts Décoratifs de Strasbourg où elle se confronte à différentes techniques liées à l'objet. Du dessin à la sculpture en passant par l'installation, les oeuvres présentées au château d'Alba viennent réagir à l'architecture du lieu et invitent le spectateur à regarder autrement l'espace environnant.

Maison(s), 2013
Maison(s),fers à béton,115x186cm, 2013/// Production LIVING ROOM 2013

Tangram, 2013
Tangram, sculpture modulable, 34 modules en acier, dimensions variables, 2013

(R-ev)olution, 2018
(R-ev)olution, sculpture modulable, polystyrène, papier mâché, peinture et vernis acrylique, dimensions variables, 2018

Emilie Losch www.emilielosch.com